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Quand la mémoire se fait la malle.

16 oct

Dans cet article, je ne rirais pas. Dans cet article je ne serais pas ou pas trop grossière. Dans cet article je parlerai de la douceur qu’était ma grand-mère.

Les gens partent, mais les souvenirs restent. Pour elle, les souvenirs sont partis, et ne sont jamais revenus. Quand la mémoire flanche, quand la mémoire se barre comme une conasse et vous fait oublier qui vous êtes.

A la fin du mois, cela fera 2 ans. 2 ans que ma Mamie a rejoins les derniers souvenirs qu’ils lui restaient. Ça a commencé par des futilités oubliées, zappée sans faire attention. Puis un jour on oublie le pain, le sucre dans son café, on laisse le frigo ouvert et les clefs sur la porte. Mais Mamie tout va bien, c’est rien ça arrive à tout le monde. Les mois passent, et on diagnostique ce qui t’enlèvera à nous. Rapidement.  On prend sur soi, mais on te vois, dépérir, oublier, ne plus être toi.

On te prends dans nos bras, quand le regard perdu tu assistes au repas de famille. C’est dur, on voit bien que quelque chose cloche. Que tu n’est "pas là". Ta mémoire flanche et tes mots ne veulent plus sortir dans le bon ordre. Mais on t’aimes tellement. On ne réalise pas, alors qu’il te reste peu de temps. Toi avec nous, là, maintenant.

Ça se dégrade, les médicaments te rende a morfle, et ton regard n’a plus de vie. Je te coupe une dernière fois les cheveux, enceinte, je serre les dents pour ne pas croiser le regard de mon grand-père qui assiste sans le savoir,  à la dernière coupe de cheveux de celle avec qui il a partagé 50 ans de sa vie.

Je m’isole, l’enlace, pleure encore. Lui aussi. C’est la dernière fois que je la verrais. Je monte dans ma voiture, hurle de douleur. Pourquoi ? Je roule je ne sais où, le visage trempée de larmes, la tête bordée de souvenirs.

Tu es partie quelques semaines après.

Ton corps s’est abandonné dans ton sommeil. Syndrome de glissement il paraît. Et cette nuit là sans savoir que ton âme montait, j’ai rêvé de toi. Tu étais belle, bien coiffée et maquillée. Tu irradiée le bonheur. Je me suis réveillée, apaisée. Pour toi.

Tu sais il a été fort ton mari, mon Papi. Il s’est écroulé parfois, mais on était là pour lui.

Aujourd’hui mon père me transmet un couple de poupons qui trônait dans la vitrine du salon de mes grand-parents. Le garçon représentait mon petit cousin, et la fille, me représentait moi. Enveloppé dans son papier bulle, je l’ai délicatement ouverte et respiré cette odeur de "chez eux".

Un retour en arrière. Un bon dans le passé. Que je n’espère jamais oublier.
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